© Delphine Micheli

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danser, de peur...

Création Création les 7 et 8 mars 2009 au Théâtre de Vitry / Commande de la 15e Biennale nationale de danse du Val-de-Marne

 

Avec : Aurélie Berland, Anne-Sophie Lancelin, Carole Quettier et Raphaël Soleihavoup

À quelle condition danser (composer, écrire, peindre…) quand le moindre des énoncés politiques humilie par sa vulgarité, sa brutalité, son schématisme ou son cynisme avéré ? Comment un corps dansant, hanté par la nécessité de l’espacement, en reçoit-il le caractère blessant, en déplace-t-il les versions traumatisantes, en dénoue-t-il les fixités et les effets paralysants ou affolants ? Quels sont ses recours et ses passes pour ne pas céder sous le coup, le choc, la honte et créer une ligne de fuite qui ne soit pas elle-même piégée d’avance ? Comment peut-il éviter ou refuser de tomber dans la pure dénonciation (si juste et justifiée soit-elle), pressentant sans fin que par cette voie il ne fait que redoubler (théâtralement ou pas) ce génie de la violence propre à l’Histoire ?
Mais comment aussi, quand l’humiliation se généralise si facilement, ne pas rendre tangible le degré (l’intensité) d’un refus inaliénable ?
Comment ne pas tenter de nouveau de dégager de sa gaine ce corps d’impasse qu’inventent sans relâche l’économie et la politique contemporaines, de façon diffuse et écrasante, ne serait-ce qu’en retraçant les marges que la danse déplace hors des jours qui lui sont comptés ? Marges étroites : la danse y décèle des respirations inimaginables…au-delà de toute nausée… fût-elle « supérieure », ourlée par le plus bas des mouvements.

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